À l’approche de la conférence WAN-IFRA India 2010 (les 15 et 16 septembre à Jaipur), nous nous sommes adressés à plusieurs experts de l’industrie pour avoir une vue claire de la situation dans cette région. Norbert Ohl, CEO de ppi Media, explique pourquoi ce fournisseur de systèmes allemand s’est implanté sur ce marché en pleine croissance et quelles caractéristiques rendent le marché indien unique au monde.
WAN-IFRA : ppi est présent sur le marché indien depuis quelque temps déjà, notamment avec les clients Times of India, Hindustan Times... Avec votre expérience, que pouvez-vous nous dire de l’esprit d’innovation indien et des méthodes de travail ?
Norbert Ohl : Six parmi les 10 plus grands groupes médias indiens sont des clients de ppi Media. Mais ce n’est pas la seule chose qu’ils ont en commun. Tous partagent le même optimisme. Alors que partout dans le monde, les groupes médias font face à une baisse des revenus, les Indiens baignent encore dans la croissance.
Les éditeurs indiens voient l’avenir en rose et la stratégie de la plupart d’entre eux se résume à : Ce qui marche bien aujourd’hui marchera encore mieux demain. ‘Essayer et corriger le tir’ est un principe populaire. De nouveaux magazines et journaux sont lancés et testés régulièrement. Si les chiffres sont bons, on les garde, sinon on les ferme sans état d’âme. Une stratégie inimaginable en Europe ou aux États-Unis.
WAN-IFRA : J’ai l’impression que le marché indien n’a pas peur d’investir dans l’avenir... Quelles sont leurs stratégies d’investissement ?
Norbert Ohl : En Inde, l’argent se fait avec les produits imprimés. Et plus le journal est hyperlocal, plus il a du succès. Deux facteurs fondamentaux sont à la base du marché indien : l’hyperlocal et l’automatisation du flux publicitaire.
L’objectif de la stratégie hyperlocale est d’augmenter le nombre de lecteurs dans tout le pays. Le pays investit dans de nouveaux sites d’impression et des logiciels. D’un point de vue économique, la publicité est encore plus importante. Les prix de l’exemplaire étant très bas, l’argent vient surtout de la publicité. Les sociétés médias indiennes ont donc besoin de solutions pour améliorer la vente et la production de publicités ainsi que l’interconnectivité entre les sites. Pour résumer, une anecdote : en 2003, Debashish Ghosh était invité à la conférence Open Days de ppi. On lui a demandé pourquoi Times of India (TOI) avait choisi ppi pour automatiser son flux rédactionnel et publicitaire, c’est-à-dire avait opté pour une solution relativement chère comparée à la main d’œuvre bon marché en Inde. Il a répondu que la réduction de la main d’œuvre est certes un effet secondaire appréciable mais que ce n’était pas la raison majeure pour laquelle ils avaient choisi ppi. C’est un autre aspect qui a fait de cet investissement un franc succès. Avant ppi, la date de bouclage pour les annonces placées dans plus d’une édition locale du TOI était de 36 heures avant l’heure de mise sous presse. Maintenant avec ppi, le délai de bouclage est de 1 heure avant la mise sous presse.
WAN-IFRA : Quelle est l’importance de ce marché pour ppi ?
Norbert Ohl : L’Inde est un des marchés les plus importants pour ppi et celui présentant la plus forte croissance. Et tout a commencé avec Times of India qui recherchait la meilleure solution pour une production ultramoderne et qui est tombé sur ppi. Cette coopération très professionnelle nous a ouvert la porte à cet immense marché qu’est l’Asie. En ce moment nous sommes en pourparlers avec diverses sociétés médias de ce continent et nous sommes persuadés de remporter quelques commandes.
Notre édition de novembre/décembre comportera un cas de meilleure pratique avec le Times of India, dont la production repose beaucoup sur les solutions de ppi.
