Main Menu (FR)
Recherche
IFRA - Log in, Registration
IFRA Advertisements
Advertisement Space
Axel Fischer (INGEDE) sur la problématique du désencrage en impression numérique
Thu, 2006-12-21 00:00 — WAN-IFRA
- Article ID:
- 3336
Certaines encres numériques ne sont pas désencrables – un vrai problème pour le recyclage du papier
L’impression numérique est en plein essor. Il y a peu de temps encore, c’était une alternative économique pour les tirages réduits ; aujourd’hui, plusieurs constructeurs s’efforcent de remplacer l’offset par des machines de plus en plus productives pour un coût inférieur. Pour l’industrie du papier, qui transforme les vieux papiers en papiers graphiques neufs, la tendance aux forts tirages n'est pas une bonne nouvelle : les journaux imprimés au jet d’encre représentent un réel problème pour le recyclage du papier – contrairement à l’encre offset traditionnelle, l’encre inkjet est impossible à éliminer au recyclage des vieux papiers. Les colorants réduisent la brillance du papier et ne peuvent être ni blanchis, même en augmentant la quantité de produits chimiques, ni éliminés autrement du processus. Il en va de même pour certains toners liquides. La couche d’encre se désagrège, à l’usine de papier, sous forme de lambeaux souples et ultra-minces de fibres de papier, traverse tous les filtres et installations de tri et génère des mouchetures colorées visibles sur les papiers graphiques recyclés – aucun imprimeur de journaux n’achèterait un matériau présentant ce type d’impuretés.
Pour l’INGEDE, organisme regroupant des usines de papier européennes traitant le papier de récupération, c’est un dilemme auquel sont confrontées surtout les imprimeries de journaux. D’un côté, elles veulent faire des économies et sont en quête de nouvelles techniques telles que la flexographie ou l’impression numérique. Mais dans le même temps, elles négligent totalement les conséquences d’un tel produit sur l’ensemble du cycle du papier : aujourd’hui déjà, les journaux imprimés en flexo, très répandus en Italie et en Grande-Bretagne, ne sont pas désencrables et entravent considérablement le processus de recyclage du papier de récupération. L’industrie du papier recherche déjà, dans le cadre de projets de coopération menés avec des instituts de recherche, des procédés automatisés permettant de trier et d’extraire les journaux flexo au moyen de capteurs NIR, par exemple. Jusqu’à présent, elle n’a pas d’autre choix que d’éviter d’acheter des matériaux des zones de diffusion des différents produits – et de pousser les fournisseurs de papier de récupération à ne livrer que du matériau non flexographique. Une qualité inférieure du papier de récupération, ainsi qu’un renforcement des moyens nécessaires au tri et au recyclage du papier, entraîneraient une forte hausse du coût du papier journal, aujourd’hui fabriqué à 100 % à partir de vieux papiers, ainsi qu’une perte des bénéfices financiers liés au nouveau procédé d’impression. En outre, on constate actuellement l’apparition d’une nouvelle pression politique – un journal non recyclable n’est pas le bienvenu en cette période marquée par la lutte pour la protection de l’environnement.
Il en va de même pour toutes les variantes non recyclables de l’impression numérique. Les envois publicitaires, prospectus, et autres journaux imprimés au jet d’encre ou au toner liquide peuvent provoquer, en cas de tirages élevés, de telles difficultés lors du recyclage que l’industrie du papier fera tout son possible pour éviter l’utilisation de ces produits dans ses cycles de traitement. Cela commence en attirant l’attention des éditeurs et des imprimeurs sur les conséquences possibles de l’exploitation de ces produits, et sur l’existence d’alternatives mieux recyclables. Les toners secs se sont révélés, au terme de différentes études, nettement supérieurs en matière de recyclabilité, et donc d’innocuité vis-à-vis de l’environnement. Dans le cadre d’une « table ronde sur le désencrage des impressions numériques », les représentants de l’industrie du papier siégeant à l’INGEDE tentent actuellement, en coopération avec des instituts de recherche et des constructeurs de machines, de tester les différents procédés existants et de mettre au point des perfectionnements visant à faciliter le recyclage. En cas d’échec, ils envisagent même d’instituer une obligation de marquage pour les produits imprimés non recyclables. Après la lecture, à la poubelle – un journal aussi stigmatisé risque de générer peu d’enthousiasme de la part du consommateur.
