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Interview complète de Rhidian Wynn-Davies
Tue, 2009-06-30 10:51 — Solange Domisse
- Article ID:
- 10156
Restructuration des rédactions
Rhidian Wynn-Davies est rédacteur-conseil au Telegraph Media Group (TMG) qui publie le Daily Telegraph, le plus grand quotidien de qualité en termes de diffusion au Royaume-Uni, ainsi que le Sunday Telegraph et d’autres publications et sites Web. Il nous explique ici les avantages et les leçons tirés des changements que le groupe a effectués lorsqu’il a déménagé de Canary Wharf dans le centre de Londres en septembre 2006 et qu’il a restructuré sa rédaction avec l’aide de l’IFRA.
IFRA : Quels sont les principaux avantages que la restructuration de la rédaction a apportés au Telegraph Media Group ?
Rhidian Wynn Davies : Cela nous a permis en fait de produire davantage de contenu de manière plus efficace et de répondre donc aux exigences de la diffusion en ligne en particulier. C’était important car nous devions fournir plus de contenu, mais nous pensons aussi que l’entreprise dans son ensemble est devenue beaucoup plus dynamique et efficace, ce qui se traduit par un journal beaucoup plus intéressant, surtout en ce qui concerne l’actualité. C’est ce que nous avons ressenti après être passés à des machines d’impression en quadrichromie à la fin de l’été et au début de l’automne 2008.
Je pense aussi que la configuration de notre rédaction a provoqué, voire stimulé, le changement culturel, mais il faut absolument aussi conquérir le cœur et la raison. Nous constatons maintenant une attitude beaucoup plus constructive chez nos journalistes et disposons d’un environnement de travail beaucoup plus créatif. Autrefois, nous ne produisions notre journal que d’une certaine façon en raison des possibilités restreintes de notre rédaction. Alors qu’à l’époque cette méthode était assez efficace en termes de vente de journaux, on s’est aperçu qu’elle était dépassée dans l’environnement actuel des médias. Voilà pour les principaux avantages.
À cela s’ajoute l’aspect esthétique de l’environnement de travail qui permet aux gens d’améliorer leurs performances. Nous sommes restés à Canary Wharf dans l’est londonnien pendant 20 ans où nous occupions une tour qui était dans un piteux état. Je pense qu’emménager dans des bureaux sentant le neuf ne peut être que bénéfique.
IFRA : Quelles sont les principales leçons que vous avez tirées de ce processus de restructuration ?
Rhidian Wynn-Davies : Le problème est que ce n’est pas quelque chose qui prend fin naturellement. C’est un processus continu. Il faut continuer à faire passer les messages de manière régulière, presque tous les jours à vrai dire, car je pense qu’il est faux de croire que cela s’arrêtera d’une façon ou d’une autre.
Nous devons toujours être prêts à relever le prochain défi quel qu’il soit. Pour revenir à la conception et à la philosophie de la nouvelle rédaction, je dirais que, globalement, elle a été conçue – et les principes de base ont pour but d’étayer cette conception – pour être souple et réagir aux changements de l’environnement médiatique.
IFRA : Il ne faut pas oublier non plus, je pense, l’aspect de la formation ?
Rhidian Wynn-Davies : Oui, nous sommes passés d’une société ne proposant aucune formation à une société proposant une formation tous azimuts. Nous mettons littéralement des centaines d’heures de formation à la disposition de nos journalistes tout au long de l’année. Je dirais néanmoins qu’il y a toujours un risque que la formation soit considérée comme une pièce rapportée. Je pense qu’elle doit inspirer toutes vos actions.
Nous avons recours à une méthode ad hoc et simple où certains de nos journalistes senior jouent les mentors auprès des plus jeunes et qui porte ses fruits. L’atmosphère et la conception de la rédaction se prêtent à ce type d’approche. Nous trouvons cela très encourageant. L’apprentissage et le partage d’expériences sont plus importants qu’autrefois et viennent s’ajouter aux programmes de formation professionnelle.
IFRA : Je suppose que la communication au sein de la rédaction a aussi profité de la restructuration et qu’elle n’a plus rien à voir avec ce que vous aviez avant le déménagement ?
Rhidian Wynn-Davies : Je dirais que l’agencement de la rédaction est crucial. Mais le changement culturel est tout aussi important, si ce n’est plus important. L’idée que nous communiquons dans le cadre d’un processus de création est davantage ancrée au sein de l’organisation.
IFRA : Envisagez-vous d’apporter d’autres changements à votre rédaction dans un avenir proche, c’est-à-dire dans six à douze mois ? Si oui, quels sont-ils ?
Rhidian Wynn-Davies : Non, rien d’essentiel. Certainement pas au niveau de l’infrastructure de la rédaction. Nous sommes très satisfaits de la façon dont les choses fonctionnent. Nous avons apporté des changements au cours des dernières années. Nos travaux de recherche et d’analyse nous ont par exemple montré qu’il était important de rapprocher notre service « Comments and Communities » de la rédaction. Nous l’y avons donc intégré complètement. J’entends par « Communities » tout ce qui va des commentaires des utilisateurs aux blogs. Nous avons aussi installé les journalistes responsables des articles de fond parmi ceux chargés de certains suppléments du week-end car il existe des synergies entre ces deux types de produits et cela a marché. Nous avons examiné la demande des utilisateurs du site Telegraph.co.uk qui souhaitaient que les informations soient accompagnées de commentaires, d’analyses et de points de vue en cours de journée et avons décidé qu’il fallait les rapprocher du cœur de l’action.
Interview menée par Brian Veseling, rédacteur senior de la division « Rédaction, publicité et management d’entreprise » de l’IFRA.
