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Interview d'Andy Phelan
Tue, 2009-12-22 11:24 — Brian Veseling
- Article ID:
- 10766
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Ces dernières années, Herald Express, un quotidien de Torquay au Royaume-Uni, a lancé quelques grands projets combinant rédaction et publicités. En 2009, Herald Express a fait partie des gagnants du concours XMA Cross Media Awards pour le projet « Rock Stars » à l’issue duquel les lecteurs et les internautes ont formé un groupe local de musiciens de rock. Une campagne sur papier et en ligne a aidé à sélectionner les membres de ce groupe de rock un par un. Puis un sondage a été lancé pour choisir le nom du groupe : Space Beacon Earth. Le groupe a joué en juin 2009 pour la première fois en public. Vous trouverez de plus amples informations sur le projet à la page 7 de la brochure XMA Cross Media Award Winners, disponible gratuitement en ligne à www.ifra.com/xma
Dans cette interview, Andy Phelan, rédacteur en chef du Herald Express, nous parle des projets.
WAN-IFRA : Comment la coordination entre les équipes rédactionnelles et celles du service de publicité fonctionne-t-elle ?
Andy Phelan : J’ai pris le poste de rédacteur en chef à Torquay il y a environ trois ans. J’avais l’impression que cette séparation rédaction-publicité était quelque chose dont je devais me préoccuper en priorité. Je crois que cette séparation est quelque chose de surfait. Ce que nous avons réussi à prouver, c’est que la mise en place de projets commerciaux avec le service de publicité et la rédaction n’écorne pas l’intégrité rédactionnelle du journal.
WAN-IFRA : J’ai vu une de vos présentations où vous indiquiez qu’un sponsor d’une ancienne campagne avait fait l’objet plus tard d’une enquête par la police et que vous en aviez parlé quand même en page de Une.
Andy Phelan : Exactement. Et c’est bien la preuve. Car la relation que nous entretenons avec les gens qui nous sponsorisent est exactement la même relation que celle que nous avons avec nos annonceurs. Le problème ne vient pas de ce genre de projets. Le problème ne survient que quand vous vous trouvez devant la situation suivante : vous avez une info sérieuse qui n’est pas dans l’intérêt de cet annonceur, mais il est clair que l’information est importante. Il vous faut donc prendre une décision.
Les gens me demandent aussi : « Que pense la rédaction de devoir faire ce genre de choses ? Ce n’est pas un problème, car elle comprend que nous le faisons parce que cela intéresse nos lecteurs. Nous essayons de toucher de jeunes gens et c’est le genre d’info qui les attire. Mais ils auraient un problème si je disais dans le genre de situation précédemment décrite : « Oh, je ne peux pas passer l’info, son business décline, la police enquête sur lui, on ne peut pas passer cette info parce que c’est un de nos sponsors. » C’est là où vous perdez toute crédibilité et pas à cause du projet en lui-même. Il faut avoir le courage de dire à l’annonceur : C’est une info importante et je la passe quoi qu’il arrive. C’est ce que nous faisons et que nous avons toujours fait et personne n’a aucun doute là-dessus. C’est une décision rédactionnelle que nous prenons quotidiennement.
En termes de la relation entre la rédaction et la publicité – j’en ai déjà parlé – je suis persuadé que ces services se rejoindront et ils doivent se rejoindre.
Tout journaliste qui ne peut pas l’accepter accélère le déclin de son journal. Autre fois, les journalistes disaient : « Moi, je suis un journaliste. Je ne suis là que pour prendre des décisions qui ont trait aux articles et au journalisme. Que cela soit rentable ou non au point de vue commercial, ce n’est pas mon affaire, c’est celle des commerciaux. » Mais c’est aujourd’hui une approche inconsciente et irréfléchie. Si vous n’avez pas conscience des réalités financières, si vous ne travaillez pas pour essayer d’atteindre ces objectifs et si vous n’êtes pas rentable, les actionnaires fermeront la boîte tout simplement.
C’est clair. Donc si vous vous efforcez de mettre en place à la rédaction quelques projets attrayants pour les lecteurs et les annonceurs, l’argent que vous obtiendrez continuera à abreuver les vrais projets de journalisme dont vous avez toujours besoin et vous pourrez subsister financièrement parlant.
Si vous vous contentez d’étaler l’argent un peu partout pour la couverture des infos et que vos pertes augmentent de jour en jour, vous subsisterez moins longtemps que les titres qui ont conscience des réalités économiques.
WAN-IFRA : Quel impact ces campagnes ont-elles eu sur des facteurs tels que la diffusion ?
Andy Phelan : La diffusion est influencée par beaucoup de facteurs, mais le journal Herald Express est le meilleur titre de notre groupe en termes de diffusion (environ 23 000 exemplaires par jour) au sein de notre groupe. Nous avons 17 quotidiens dans tout le Royaume-Uni. Le dernier audit ABC nous a placés en 7e position.
Cette interview a été conduite par Brian Veseling, journaliste à la WAN-IFRA pour la division Édition, rédaction et management d’entreprise.
