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Le dernier lecteur numérique d’Amazon fait beaucoup parler de lui

Tue, 2009-05-12 00:00 — WAN-IFRA

Article ID:
8383

Amazon sort des lecteurs numériques à tour de bras : trois appareils en l’espace de 17 mois ! Et c’est bien réfléchi : la société a du cash et pourquoi ne pas investir pour prendre des parts de marché quand tout le monde réduit les coûts d’innovation et de marketing.

Cette stratégie ne vous rappelle rien ? Yahoo avait également mis en place une stratégie semblable au début des années point-com, puis Google avait suivi pendant la crise financière au début de ce siècle.

Maintenant, la bataille fait rage autour des modèles économiques, les acteurs dans la chaîne de valeur et la promotion de futurs standards.

Le battage publicitaire autour du DX

Parlons d’abord du dernier appareil. La famille Kindle a un nouveau-né, le Kindle DX, que l’on pourrait plutôt qualifier de grand frère vu son large écran de 24,6 cm de diagonale (9,7 pouces), la lecture de PDF en natif et un système de rotation du texte (paysage ou portrait). Comme d’habitude, le président directeur général d’Amazon, Jeff Bezos, a bien choisi le lieu pour annoncer le DX : le cadre de l'université Pace à Manhattan. Premièrement, il a pu en faire tout de suite la promotion devant les étudiants et experts présents leur expliquant combien l’appareil était convivial pour lire et transporter des livres – le Kindle DX va être utilisé dans les semaines qui viennent dans six universités américaines partenaires, dont Pace. Deuxièmement, le campus est situé sur le site du siège du New York Times au XIXe siècle, partenaire d’Amazon pour la distribution du contenu.

Un passage inaperçu ?

Deux autres annonces ont moins fait parler d’elles, mais n’en sont pas moins importantes. D’abord le lancement de l’application iPhone qui va vous permettre de continuer à lire vos livres sur iPhone si vous n’avez pas votre Kindle sous la main. La lecture n’est pas aussi conviviale que sur le Kindle, mais elle suffit amplement pour quelques extraits ou la lecture de votre livre préféré pendant quelques minutes plutôt que de naviguer sans but dans divers contenus.

La deuxième annonce n’est pas une application iPhone, mais un site Web mobile optimisé pour Safari. Et qu’est-ce qu’il y a de si intéressant ? C’est si simple d’utiliser la fonction interactive de l’iPhone et la plate-forme Touch pour naviguer dans le magasin Amazon, lire les recommandations, rechercher des titres efficacement et acheter en un clic. Quand vous avez fini vos achats, vous ouvrez votre Kindle et 30 secondes après vos livres, magazines, etc. sont téléchargés. C’est une solution pratique jusqu’à ce que vous possédiez un lecteur rapide et en couleur avec lequel vous pourrez aussi faire vos emplettes.

Mais pour l’industrie des médias et plus particulièrement de la presse, deux choses sont importantes : le modèle économique et les standards (ouverts).

Commençons par les standards et l’importance des plates-formes ouvertes. Pour moi, c’est bien plus important que les spécifications techniques et la forme des lecteurs numériques. Couleur, taille, interactivité, ces fonctions ARRIVERONT en temps voulu. L’évolution dans les laboratoires des fournisseurs japonais, taiwanais, coréens, européens et américains dans ce secteur est très prometteuse. Et tout cela arrivera plus tôt que vous ne le pensez.

Alors qu’en est-il des standards ?

Ce point-là est un peu plus compliqué. Personne ne fait la promotion d’un standard comme cela a été le cas du W3C pour le Web. Il est primordial que l’industrie unisse ses forces pour faire la promotion d’un seul standard ou d’un jeu de standards. Pourquoi ? Il est clair que le marché de masse n’acceptera pas d’appareil s’il subsiste encore un doute quant à l’acceptation de multiples sources d’informations par cet appareil.

Donc pourquoi la société Amazon enregistre des chiffres de vente impressionnants avec un format propriétaire DRM (gestion des droits numériques) ? Tout simplement parce qu’elle propose aux consommateurs un grand nombre de titres et que ce dernier se sent réassuré. Mais pour toucher des millions de consommateurs, il faudra que ça change.

Un exemple récent est la bataille pour les DVD haute définition qui s’est achevée l’année dernière par la victoire de blue-ray devenant le seul standard pour regarder les films en HD à la maison. Vous observez maintenant comment ce marché prend de l’ampleur car les gens sont réassurés au point de vue de l’investissement dans le contenu et la technologie.

Il est normal que l’IFRA encourage une action dans ce sens et nous espérons que vous nous rejoindrez. Alors que nous travaillons davantage sur des standards à long terme, il est temps aujourd’hui que vous vous lanciez dans les activités et la stratégie e-reading.

Modèles économiques

Étant donné qu’Amazon présente ce large choix de titres, c’est évident qu’elle se retrouve en pole position pour contrôler la plus grande partie de la chaîne de valeur, dicter ses standards fermés et la part de revenus. À court terme, cela marche car les consommateurs s’engagent dans cette voie. Mais l’avidité d’Amazon voulant s’approprier le plus gros morceau de gâteau freinera l’essor du marché.

Prenons le Japon comme modèle : dès le début en 1999, les opérateurs mobiles ont établi une répartition des revenus où les fournisseurs de contenus recevaient 91 %. Cela a contribué à un essor incroyable. Les opérateurs raisonnaient ainsi : si eux et le « kiosque » ne prenaient qu’une petite part de revenus, cela stimulerait la croissance et ils avaient bien raison.

J’espère sincèrement qu’Amazon et les autres suivront leur exemple et considéreront cette solution comme étant la seule viable à long terme. J’encourage tous les acteurs à ouvrir leurs yeux et comprendre l’avantage de s’engager sur cette voie pour le marché dans son ensemble.

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