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Semi-commercial : interview de Matthias Tietz

Thu, 2010-11-04 13:57 — Charlotte Janis...

Article ID:
11486

Semi-commercial

Octobre 2010. L’imprimerie Rheinisch-Bergische Druckerei (RBD) a investi dans de nouvelles techniques pour l’agrandissement de son centre d’impression de Düsseldorf Heerdt. Grâce à cet investissement, RBD peut étoffer ses offres et services surtout dans le domaine du semi-commercial. Matthias Tietz, directeur général de RBD, explique comment l’imprimerie souhaite se faire une plus grande place sur ce segment de marché.

WAN-IFRA : Comment les imprimeries de journaux peuvent-elles concurrencer les imprimeries de labeur dans le domaine des produits semi-commerciaux ? Quels arguments plaident en faveur du processus d’impression de journaux ?

MATTHIAS TIETZ : La rotative offset coldset pour journaux peut aujourd’hui fournir des produits d’une qualité remarquable avec une linéature de trame de 52 l/cm et un papier journal amélioré. Les machines dans les imprimeries de journaux ne sont pas utilisées au maximum de leurs capacités et les équipements d’impression et d’expédition/façonnage offrent généralement de nombreuses possibilités permettant de se lancer dans le domaine du labeur. Ces trois arguments ainsi que la présence d’un marché pour lequel le prix à l’unité doit être le plus bas possible rendent l’impression sur une rotative pour journaux intéressante.

WAN-IFRA : Où commence le semi-commercial et où s’arrête-t-il ?

M. TIETZ : Le semi-commercial commence pour moi avec une bonne qualité coldset reposant sur une linéature de trame de 52 l/cm et du papier journal amélioré et il finit là où le labeur commence, c’est-à-dire avec l’emploi d’un papier brillant.

WAN-IFRA : Vous n’avez pas opté pour l’impression heatset. Pourquoi ? Envisagez-vous l’emploi de sécheurs à l’avenir ?

M. TIETZ : Nous ne nous intéressons pas en ce moment à l’impression heatset. Les nouvelles machines que nous avons achetées nous ouvrent déjà la voie à de nouvelles possibilités. En outre, l’impression avec sécheurs est chère. Je n’exclus pas complètement cette option pour l’avenir, mais seulement si un client l’exige (et si l’investissement de plus d’un million d’euros peut être amorti indirectement par les commandes reçues).

WAN-IFRA : Avez-vous une force de vente dédiée à ce genre d’offres ? Le groupe média est-il impliqué dans l’acquisition des commandes ?
M. TIETZ : Tout d’abord nous proposons nos nouvelles possibilités au groupe média qui y a recours pour l’optimisation de ses publications spéciales. Mais c’est généralement notre force de vente qui recherche les travaux de labeur. Grâce au groupe média et ses prestataires de services, nous disposons de nombreuses possibilités de travail en réseau : avec NDV-Magazinverlag, qui à partir d’une idée s’occupe de la réalisation d’un produit, avec la logistique ou la distribution. Selon les besoins, notre force de vente a tous les outils à disposition pour proposer des offres étendues et attrayantes. Elle peut compter sur des partenaires que nous connaissons déjà ainsi que leurs points forts grâce aux activités traditionnelles d’impression de journaux.

WAN-IFRA : L’élargissement de vos prestations à l’impression de produits semi-commerciaux a-t-il été un facteur décisif dans le choix d’une machine offset sans eau de mouillage ?

M. TIETZ : Bien sûr. Nous voulions acheter une rotative de labeur qui puisse également imprimer des journaux. La Cortina se rapprochait beaucoup de ce que nous recherchions. Il est possible de travailler avec des trames stochastiques de
70 l/cm et des grammages allant jusqu’à 120 g/m². La qualité du produit est visiblement meilleure, ne serait-ce que par l’emploi d’un autre papier de meilleure qualité et d’une autre trame. Nous pouvons imprimer divers formats, rhénan ou berlinois, ou des formats situés entre les deux. Mais les commentaires des clients constituent certainement la meilleure preuve du bon choix que nous avons effectué. Nous entendons souvent : « Jamais nous n’aurions pensé qu’il était possible d’imprimer des produits d’une telle qualité avec une rotative pour journaux. »

WAN-IFRA : En salle d’expédition vous traitez également des produits que vous n’avez pas imprimés sur vos rotatives. De quel genre de commandes s’agit-il ?

M. TIETZ : De la vente directe, c’est-à-dire que nous encartons jusqu’à 12 produits dans un feuillet régional de 4 pages. C’est un marché qui prend de l’ampleur et qui exige une grande précision technique en raison du nombre d’encarts et de leur diversification.
Nous avons également des clients qui nous envoient d’autres produits que nous traitons en vue d’une logistique commune. Ce genre d’offres fait également partie de notre portefeuille.

WAN-IFRA : Et la distribution, fait-elle aussi partie de vos offres ?

M. TIETZ : Non, en général c’est le client qui s’en occupe lui-même. Si nécessaire, la distribution peut être proposée, contre un supplément de prix, via le partenariat avec le vendeur direct.

WAN-IFRA : De quels équipements avez-vous besoin en salle d’expédition pour pouvoir proposer ce genre de travaux ?

M. TIETZ : L’agrafage et le rognage rendent les produits imprimés sur la Cortina attrayants et les convertissent en magazines ou catalogues. La technique d’encartage avec un produit principal de 4 à 48 pages et l’ajout de nombreux encarts diversifiés et ciblés favorisent l’essor des activités. L’adressage sous diverses formes, l’impression variable de coiffes pour divers canaux de distribution (services de distribution des journaux, des publicités ou services postaux) sont d’importantes possibilités techniques. Le traitement des produits de labeur doit bien sûr s’effectuer en salle d’expédition sans maculage.

WAN-IFRA : Recommanderiez-vous aux imprimeries de journaux d’investir en équipements (salle de rotatives et salle d’expédition) et en personnel pour pouvoir proposer ce même genre de produits de qualité supérieure ? Est-ce rentable ?

M. TIETZ : Nos fournisseurs ont développé les machines au cours des dix dernières années pour qu’elles répondent de plus en plus aux besoins du labeur. Les ambitions des journaux ont également évolué. Donc à y bien réfléchir, les investissements supplémentaires pour ouvrir la porte à ce nouveau secteur d’activité qu’est le labeur ne sont plus aussi élevés que cela. Il faut aussi introduire une nouvelle façon de penser à tous les niveaux de l’entreprise. Les travaux de labeur exigent une qualité différente, un échéancier différent. Il faut savoir qu’aucune commande ne ressemble à une autre. Il faut investir dans une force de vente, établir des liens et se créer un réseau de clients – mais ça vaut le coup !

WAN-IFRA : Quelle est la proportion de commandes externes par rapport à votre cœur de métier qu’est l’impression de journaux ? Les activités secondaires pourraient-elles un jour dépasser le cœur de métier ?

M. TIETZ : La proportion est aujourd’hui de 40 % pour les commandes externes et 60 % pour le cœur de métier, mais nous visons les 50/50.

WAN-IFRA : Quels sont vos objectifs à court terme ?

M. TIETZ : Depuis 2003 nous transformons notre imprimerie de journaux en un centre d’impression. Nos objectifs sont :

  • continuer dans cette voie
  • tirer profit des nouvelles possibilités offertes par la Cortina
  • œuvrer à la redéfinition d’une imprimerie de journaux, c’est-à-dire faire comprendre que l’imprimerie d’aujourd’hui ne peut être comparée à celle d’hier

Je suis persuadé qu’ainsi nous poursuivrons notre croissance malgré la situation économique difficile.

 

 

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