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Stefan Beke-Bramkamp à propos des nouvelles technologies de plaques
Tue, 2010-07-06 09:23 — Charlotte Janis...
- Article ID:
- 11380
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Juin 2010. Stefan Beke-Bramkamp est directeur des ventes et des produits chez Krause-Biagosch GmbH. La société Krause produit une vaste gamme de flasheuses pour le marché de la presse. Un nouveau modèle devrait être lancé à l’occasion de l’IFRA Expo 2010.
WAN-IFRA : Vous proposez déjà une vaste gamme de flasheuses et développeuses pour journaux et allez l’étoffer d’un nouveau modèle (LS Jet Multiformat). Les exigences des entreprises de presse sont-elles si différentes ?
STEFAN BEKE-BRAMKAMP : Les exigences des entreprises de presse sont en effet différentes à travers le monde en ce qui concerne à la fois le niveau d’automatisation et le rendement. Grâce à sa stratégie axée sur le journal, Krause veut répondre au mieux aux besoins des différents segments du marché et propose donc une large gamme de produits. Sur le marché, on distingue les créneaux suivants :
• Haut de gamme : journaux nationaux et à fort tirage > machines rapides et entièrement automatiques – LS Jet, LS Jet Multiformat, XJet pour l’offset sans mouillage
• Gamme moyenne : journaux régionaux à tirage moyen et besoins en plaques relativement élevés > machines entièrement automatiques présentant une vitesse moyenne – LS Performance ou LS Jet (modèles à rendement plus faible)
• Gamme moyenne à basse : journaux régionaux à plus faible tirage et faibles besoins en plaques – Smart’n’Easy Auto
• Bas de gamme : continent asiatique > commande manuelle – faible rendement – prix abordable (avec près de 50 exemplaires vendus, la Smart’n’Easy, surtout dans sa version semi-automatique, est la flasheuse qui a ici le plus de succès en 2010)
• Les pays à main-d’œuvre bon marché – commande manuelle – rendement relativement élevé – CTP Easy
WAN-IFRA : Les plaques violettes et thermiques peuvent-elles être traitées avec les mêmes développeuses et produits chimiques ? Les opérations de traitement sont-elles les mêmes ?
STEFAN BEKE-BRAMKAMP : Dans le secteur de la presse, les mêmes développeuses peuvent être utilisées pour les deux types de plaques car les plaques thermiques sont aussi à base de photopolymères et nécessitent les mêmes opérations de traitement. Les produits de développement ne sont cependant pas les mêmes.
WAN-IFRA : Quelle est aujourd’hui l’importance de l’écologie dans la production des plaques au quotidien ?
STEFAN BEKE-BRAMKAMP : Cette question est de plus en plus intéressante et importante. Le développement durable, la réduction des émissions de CO2 et l’exploitation efficace des ressources jouent un rôle de plus en plus important dans les décisions d’investissement. Quelques entreprises de presse allemandes se lancent d’ores et déjà dans les plaques à chimie réduite. Le Fränkische Landeszeitung, le Main-Echo et les Kieler Nachrichten ont abandonné les plaques argentiques au profit de plaques photopolymères sensibles au laser violet et à chimie réduite. Les Nürnberger Nachrichten ont testé les plaques d’Agfa et de Fujifilm et fait des calculs exacts dans le cadre d’un audit écologique. Le nombre d’installations utilisant cette technique augmente rapidement et reflète la tendance à venir dans le domaine de la production de plaques pour journaux.
WAN-IFRA : La conversion à la technique « sans chimie » présente-t-elle un attrait économique en plus des avantages écologiques ?
STEFAN BEKE-BRAMKAMP : Le prix de ces plaques est comparable à celui des plaques photopolymères. Des économies sont réalisées au niveau des produits chimiques et de la consommation d’eau (prélavage) ainsi que grâce à l’absence de régénération. Autre aspect positif : le nettoyage est beaucoup plus simple puisque, généralement, un rinçage à l’eau chaude suffit.
WAN-IFRA : Qu’est-ce qui différencie les développeuses BlueFin LowChem et BlueFin ?
STEFAN BEKE-BRAMKAMP : La BlueFin LowChem est une unité de lavage spécialement conçue pour les plaques photopolymères sensibles au laser violet et à chimie réduite. Elle fonctionne sans prélavage ni unité de nettoyage, mais est équipée d’une deuxième station de gommage pour pouvoir traiter tous les types de plaques à chimie réduite. La machine s’en trouve plus compacte et utilise moins de rouleaux et de brosses, ce qui a des répercussions sur les frais d’exploitation. C’est pour le moment la seule unité de lavage pour le marché haut de gamme.
WAN-IFRA : En combinant les machines XJet et BlueFin WL, vous avez lancé sur le marché une ligne de traitement flasheuse/développeuse pour les plaques destinées à l’offset sans mouillage. Est-ce qu’elle rencontre du succès auprès des utilisateurs de l’offset sans mouillage ? En avez-vous déjà installé ?
STEFAN BEKE-BRAMKAMP : Elle a beaucoup de succès. Nous comptons déjà trois installations de flasheuses XJet dont deux en association avec la développeuse BlueFin WL : au Nordsee-Zeitung à Bremerhaven, au Südkurier à Constance et au Rheinische Post à Düsseldorf qui est en train de mettre en service deux lignes XJet et BlueFin WL. Le concept moderne de la XJet en association avec la BlueFin WL convient très bien à la technique porteuse de l’offset sans mouillage avec la Cortina de KBA.
WAN-IFRA : Peut-on dire que les techniques des plaques photopolymères sensibles au laser violet et thermiques se valent maintenant en matière de performances (vitesse d’exposition, longueur de tirage etc.) ? Pensez-vous que l’une d’elles présente des avantages incontestables par rapport à l’autre ?
STEFAN BEKE-BRAMKAMP : Oui, il n’y plus guère de différences entre les caractéristiques des deux techniques d’exposition. Autrefois, le thermique était trop lent pour la presse, mais il a rattrapé son retard. Les flasheuses à laser NdYag et violet étaient tout simplement plus rapides. Aujourd’hui, l’utilisation de lasers thermiques très puissants permet d’atteindre la vitesse requise, mais se traduit par des coûts plus élevés pour le laser.
Autrefois, le thermique était plus intéressant au niveau de la stabilité du processus que la technique polymère où l’utilisation de produits chimiques, l’adjonction d’agents de régénération et, surtout, la variation du pH avaient un impact sur la qualité du développement. Le violet présente maintenant des avantages clairs à cet égard car, avec le traitement à chimie réduite, il n’est plus nécessaire de contrôler le pH ni de régénérer. La solution de lavage est remplie et peut traiter jusqu’à 20 m² de plaques environ par litre, l’évaporation de la solution de finition étant tout simplement compensée par de l’eau osmosée. Aucune intervention manuelle ou mesure de contrôle n’est nécessaire pendant toute la durée de vie de la solution de lavage, ce qui se traduit par un processus simple et plus fiable. De nos jours, les deux techniques sont comparables en ce qui concerne la longueur du tirage et la qualité (sur papier journal).
Dans le secteur de la presse, 70 à 80 % des flasheuses utilisées fonctionnent dans le spectre visible (laser violet et vert). Les 20 à 30 % restants sont des flasheuses thermiques. Dans le labeur, le rapport est probablement inversé. Mais on constate aussi des disparités géographiques. Au Japon par exemple, toutes les flasheuses utilisées sont thermiques alors qu’en Europe le laser violet a toujours fait fort.
WAN-IFRA : Comment obtient-on un processus de production stable ?
STEFAN BEKE-BRAMKAMP : On obtient un processus stable en contrôlant et stabilisant toutes les opérations : puissance du laser, paramètres d’exposition et de développement, perforation et coudage ainsi que comportement des plaques dans la machine. Moins il y a de variables et moins le risque d’erreur est grand et plus l’ensemble du processus est stable.
Le contrôle des plaques en circuit fermé qui a autrefois été au centre des débats ne suffit pas car les erreurs ne sont pratiquement constatées que lorsque la plaque a passé toutes les étapes de traitement et que, vraisemblablement, bien d’autres plaques ont déjà été produites avec les mêmes défauts. C’est trop tard et on ne peut pas parler dans ce cas de circuit fermé.
Les paramètres du processus doivent être stabilisés et contrôlés automatiquement afin que la plaque puisse aller, à l’avenir, directement du système CTP à la rotative, sans aucune intervention manuelle. Un contrôle de la plaque à l’aide d’une gamme de contrôle exposée sur son bord ne suffit pas non plus. Il faudrait alors dans ce cas scanner l’ensemble de la plaque et comparer les données ainsi obtenues avec celles du RIP ou du système de flux de production.
L’approche de Krause consiste en un grand nombre de petits circuits réels pouvant être contrôlés automatiquement dans la machine : la puissance du laser est réglée automatiquement via des mesures pendant l’exposition et un double capteur est utilisé pour vérifier si les plaques sont collées ou si du papier se trouve en dessous auquel cas elles sont éliminées avant leur exposition. La BlueFin est équipée de systèmes très précis de régulation pour le préchauffage et la température de la solution révélateur/finition. L’ensemble des circuits est contrôlé via le système FlowControl. Les développeuses sont reliées aux flasheuses via un bus CAN moderne et peuvent envoyer les erreurs éventuelles à l’ordinateur central de surveillance qui peut être raccordé aux systèmes d’entretien des entreprises de presse. Le processus est ainsi stable et le taux d’erreur considérablement réduit.
