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Wieland Schwarz à propos des nouvelles technologies de plaques

Tue, 2010-07-13 08:29 — Charlotte Janis...

Article ID:
11381

Plaques d'impression

Juin 2010. Wieland Schwarz est responsable des systèmes prépresse chez Fujifilm Europe GmbH. Fujifilm propose à la fois des plaques photopolymères sensibles au laser violet et thermiques à l’industrie de la presse. Son ancienne filiale FEEi produit des flasheuses.

WAN-IFRA : Comment faut-il procéder quand on veut acheter un nouveau système CTP ? 

WIELAND SCHWARZ: L’utilisateur doit tout d’abord répondre à toute une série de questions : Quels sont mes besoins en plaques en heure de pointe ? Ai-je besoin d’un système manuel ou entièrement automatique ? Est-ce que je veux travailler en lumière jaune (plaques violettes) ou à la lumière du jour avec un filtre UV (plaques thermiques) ? Quel est le degré de dépendance auquel j’aspire vis-à-vis des fournisseurs de plaques et de flasheuses ? Est-ce que je souhaite produire de manière plus écologique et plus respectueuse de l’environnement ? Quels sont la résolution et le tirage que je souhaite imprimer ?

WAN-IFRA : Quels sont les domaines où le thermique est préférable au violet et vice-versa ? 

WIELAND SCHWARZ : Il existe bien entendu des différences. L’une d’entre elles est que les plaques thermiques peuvent être manipulées à la lumière du jour avec un filtre UV alors que les plaques violettes nécessitent l’utilisation d’une lumière jaune. Autrefois, le violet était nettement plus rapide. Mais de nos jours, il existe des flasheuses capables de traiter plus de 300 plaques à l’heure dans les deux cas.

La principale différence réside dans le processus de développement en aval de la flasheuse si l’on compare les plaques thermiques aux nouvelles plaques violettes à chimie réduite. Ces dernières années, tant Fujifilm qu’Agfa ont fait de gros efforts pour améliorer les propriétés de développement des plaques photopolymères et proposent maintenant la Low-Chem PRO-VN pour Fujifilm et la N92VCF pour Agfa. Une fois exposées, ces plaques sont chauffées, puis immédiatement lavées avec une solution abrasive douce que l’on appelle chez nous LCV Finishing Fluid. Après cette opération simple de lavage, les plaques sont immédiatement séchées et prêtes à l’impression. Contrairement aux plaques d’impression classiques, les nouvelles plaques photopolymères à chimie réduite ne nécessitent pas de prélavage, postlavage et gommage.

WAN-IFRA : Quelles sont les opérations que nécessitent les différents types de plaques pour l’impression de journaux ?

WIELAND SCHWARZ : Après l’exposition, les opérations sont les mêmes pour toutes les plaques d’impression utilisées dans le secteur de la presse (plaques photopolymères sensibles au laser violet et thermiques), sauf pour les plaques argentiques et violettes à chimie réduite. Les plaques thermiques sont aussi à base de photopolymères, mais le photoinitiateur de l’émulsion réagit à une longueur d’onde de 830 nm contre 405 nm pour les plaques violettes. Les plaques thermiques et violettes classiques peuvent être traitées dans les mêmes développeuses et avec les mêmes produits chimiques. (Cela vaut au moins pour les produits chimiques de développement LP-DZ de Fujifilm qui peuvent être utilisés non seulement pour ses propres plaques LP-NNV, LP-NNW et LH-NN2, mais aussi pour la plaque violette N91v d’Agfa et les plaques ThermalNews Gold et ViolettNews Gold de Kodak).
• Les étapes de traitement pour les plaques à développement normal sont les suivantes : préchauffage, prélavage, développement, rinçage, gommage et séchage.
• Pour les plaques à chimie réduite (Brillia PRO-NV de Fuji et N92VCF d’Agfa), le traitement s’effectue dans l’ordre suivant : préchauffage, lavage avec gommage intégré (« gumwash ») et séchage.

WAN-IFRA : La qualité est-elle plus élevée avec les plaques thermiques ?

WIELAND SCHWARZ : La qualité obtenue avec des plaques thermiques n’est pas meilleure. Même si le thermique donnait une meilleure qualité, cet avantage serait réduit à néant par les linéatures utilisées en impression de presse, le papier journal grossier et absorbant ainsi que d’autres facteurs qui n’ont rien à voir avec ceux du labeur. Cela vaut aussi pour l’impression semi-commerciale. Il n’existe aucune plaque qui, quel que soit son mode d’exposition, ne remplisse pas ces exigences à 150 %.

WAN-IFRA : Dans quelle mesure les plaques sans chimie contribuent-elles à la protection de l’environnement ?

WIELAND SCHWARZ : Le client et le consommateur doivent réagir et agir qu’il s’agisse d’une voiture consommant 3 litres au cent ou d’un écran à diodes électroluminescentes dont l’énergie absorbée est très faible. De la même façon, l’industrie doit se demander comment produire meilleur marché et de manière plus écologique. Tout le monde doit se sentir concerné par les questions d’énergie et le problème des eaux usées. (…) Et c’est le message que Fujifilm martèle sur ses propres sites de production. Nous protégeons nos ressources et donnons aussi au client la possibilité de les économiser. À cet égard, la plaque PRO-VN a une bonne longueur d’avance.

WAN-IFRA :Est-ce que cela vaut la peine de se convertir aux plaques à chimie réduite ? 

WIELAND SCHWARZ : Certainement. Mais l’importance des économies réalisées dépend de la consommation de plaques (volume) et du système de plaques. La différence par rapport aux plaques photopolymères classiques n’est pas énorme. Par contre, le gain est immédiat pour les clients qui utilisaient jusque-là des plaques argentiques comme les Kieler Nachrichten, le Fränkische Landeszeitung et le Main-Echo. Si l’on ne considère que le prix des plaques et si on met en regard ce qu’un litre de produit chimique coûte, la différence n’est pas significative. Mais si on considère l’ensemble de l’appareil de production (réduction de la consommation d’eau, durée des produits chimiques, nettoyage simple de la machine, frais d’élimination des produits chimiques), les économies sont immédiates. Autrefois, la protection de l’environnement coûtait de l’argent. Aujourd’hui, elle permet de faire des économies grâce au soutien de Fujifilm.

La raison pour laquelle les clients devraient opter pour le système à chimie réduite et non pour la technique classique est simple : il n’y a aucun point faible entre les deux systèmes et aucun compromis n’est nécessaire. La plaque à chimie réduite de Fujifilm compte de très nombreux clients très satisfaits : par exemple les Nürnberger Nachrichten, le Mannheimer Morgen, les Kieler Nachrichten, Savon Paino Oy et Nordjyske Medier … environ 40 installations en tout.

WAN-IFRA : Pourquoi Fujifilm ne propose-t-elle pas de plaque sans développement pour les journaux ?

WIELAND SCHWARZ : L’utilisation de plaques thermiques sans développement n’est pas conseillée dans le domaine de la presse pour deux raisons. Tout d’abord, elles présentent un contraste plus faible et peuvent donc être plus facilement interverties en raison du gros volume de plaques à caler sur la rotative (plus de 400). De plus, les dispositifs optiques de perforation et de coudage pourraient avoir des difficultés à reconnaître les croix de repérage. Deuxièmement, les plaques non développées restent sensibles au rayonnement UV dont elle ne peuvent pas être protégées de manière durable et suffisante entre leur exposition et la mise sous presse, surtout dans le secteur de la presse où les plaques sont pré-triées et attendent de longs moments sans aucune protection au niveau de la rotative ou sur des chariots de convoyage et de tri. Une postexposition involontaire se traduit par un voilage de la plaque, ce qui la rend inutilisable et se solde par une perte de temps et un gaspillage de consommables. Ces problèmes n’apparaissent pas en impression de labeur car les conditions de production sont différentes.

WAN-IFRA : Sur quoi Fujifilm concentrera-t-elle ses efforts de développement dans les années à venir en matière de plaques d’impression pour journaux ? 

WIELAND SCHWARZ : Elle s’efforcera surtout de continuer à perfectionner les produits existants dans tous les domaines. Dans le secteur de la presse, il est absolument nécessaire d’améliorer la stabilité et la résistance aux contraintes mécaniques et aux produits chimiques. Je pense qu’avec 300 ou 350 plaques à l’heure les capacités mécaniques des flasheuses ont atteint leurs limites et que plus rien ne doit être fait au niveau de la sensibilité.

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